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BCE : 1,59 Milliard EUR Traités en Essais de Règlement DLT

Brief — BCE : 1,59 Milliard EUR Traités en Essais de Règlement DLT

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BCE : 1,59 Milliard EUR Traités en Essais de Règlement DLT

La Banque Centrale Européenne (BCE) a franchi un cap décisif dans la validation de l’infrastructure blockchain pour les marchés financiers en concluant ses essais de règlement DLT de gros en 2024. Avec 1,59 milliard EUR traités en 200 transactions, ces essais confirment la viabilité technique et opérationnelle du règlement de titres sur registre distribué à l’échelle institutionnelle, ouvrant la voie à une adoption plus large des actions tokenisées en Europe.

Contexte et objectifs des essais

Les essais menés par la BCE s’inscrivent dans un programme ambitieux d’évaluation des technologies de registre distribué pour les opérations de banque centrale et de règlement de titres. Le programme visait spécifiquement le règlement de gros (wholesale settlement) — les transactions entre institutions financières — par opposition au règlement de détail destiné aux investisseurs individuels. Plusieurs banques centrales nationales de la zone euro, des dépositaires centraux de titres (CSD) et des infrastructures de marché ont été mobilisés.

L’objectif principal était de tester la faisabilité du règlement livraison contre paiement (DvP — Delivery versus Payment) sur des plateformes DLT, c’est-à-dire la capacité à livrer des titres et régler le paiement simultanément sur blockchain. Les transactions ont couvert des obligations, des actions et d’autres instruments financiers, validant la polyvalence de l’infrastructure testée et sa capacité à gérer différents types d’actifs financiers tokenisés.

Résultats détaillés des essais

Les 200 transactions réalisées pour un montant total de 1,59 milliard EUR démontrent plusieurs points critiques pour l’avenir des marchés tokenisés. Premièrement, la capacité de traitement est suffisante pour des volumes institutionnels significatifs — le montant moyen par transaction dépasse 7,9 millions EUR, typique des échanges interbancaires. Deuxièmement, la finalité du règlement sur blockchain est comparable à celle des systèmes traditionnels comme TARGET2-Securities. Troisièmement, l’interopérabilité entre les plateformes DLT et les systèmes de paiement existants de la BCE est techniquement réalisable.

Ces résultats prennent tout leur sens dans le contexte du marché européen de la tokenisation, qui a généré 821,4 millions USD de revenus en 2024, avec un TCAC projeté de 20,9 % entre 2025 et 2030. Le marché mondial des STO a atteint 5,6 milliards USD en 2024 (6,66 milliards USD estimés pour 2025), avec une prévision de croissance à 26,78 milliards USD d’ici 2033 et 57 % des institutions financières adoptant déjà les titres numériques.

Impact direct sur le régime pilote DLT

Les essais de la BCE renforcent la crédibilité du régime pilote DLT de l’Union européenne, entré en vigueur le 23 mars 2023 sous le Règlement (UE) 2022/858. Ce régime autorise trois types d’infrastructures : les DLT MTF (Systèmes Multilatéraux de Négociation DLT), les DLT SS (Systèmes de Règlement DLT) et les DLT TSS (Systèmes de Trading et Règlement DLT combinés).

Trois opérateurs majeurs ont obtenu leur autorisation sous ce régime. LISE SA (France) a reçu sa licence DLT TSS en octobre 2025, octroyée par l’ACPR avec un règlement approuvé par l’AMF (72 pages). LISE cible les PME et ETI françaises valorisées en dessous de 500 millions EUR dans les secteurs énergie, infrastructure et défense. Securitize Europe (Espagne) a été autorisée en novembre 2025, devenant le premier TSS du régime pilote construit sur un réseau public crypto-natif (Avalanche). 21X AG (Allemagne) prépare l’admission d’actions et obligations tokenisées répondant aux critères d’éligibilité du régime.

La démonstration par la BCE que le règlement DLT fonctionne à grande échelle rassure directement les régulateurs nationaux — ACPR, AMF, BaFin — dans leur processus d’autorisation de ces plateformes et conforte les investisseurs institutionnels dans leur adoption des titres numériques.

Conséquences pour le marché français

Pour la France, ces essais ont des implications concrètes à court terme. Euronext, dont les revenus ont atteint 1,8 milliard EUR en 2025 (+12,1 %) dans le cadre du plan stratégique « Innovate for Growth 2027 », prépare le lancement d’Euronext Securities pour septembre 2026. Ce dépositaire central de titres opérera en France, Italie, Belgique et Pays-Bas pour les actions et ETF, créant une infrastructure intégrée compatible avec les titres tokenisés.

L’investissement d’Euronext de 5 millions EUR dans Tokeny Solutions (23,5 % de participation) montre que l’infrastructure traditionnelle de marché prend position sur la tokenisation. Tokeny permet de tokeniser des actifs sur Ethereum public de manière conforme via le standard ERC-3643, et collabore avec 21X pour améliorer l’interopérabilité des tokens ERC-3643 avec les systèmes de trading/règlement DLT.

CACEIS, filiale du groupe Crédit Agricole et actionnaire de LISE SA aux côtés de BNP Paribas et Bpifrance, a participé au développement de solutions de conservation pour les titres tokenisés. La convergence entre les résultats positifs des essais BCE et l’émergence de ces plateformes réglementées crée un environnement favorable pour les introductions en bourse tokenisées prévues début 2026.

Défis techniques et opérationnels identifiés

Malgré les résultats encourageants, les essais ont mis en lumière plusieurs défis structurels. L’interopérabilité entre différentes plateformes DLT reste complexe : chaque blockchain a ses propres protocoles de consensus, formats de transaction et mécanismes de finalité. La gestion de la confidentialité des données dans un registre potentiellement public pose des questions de conformité avec le RGPD et les exigences de secret bancaire.

L’identité numérique des contreparties institutionnelles sur blockchain nécessite des standards communs qui n’existent pas encore pleinement au niveau européen. Le standard ERC-3643, utilisé par Tokeny, apporte une réponse partielle en embarquant la conformité KYC/AML directement dans le smart contract, mais la reconnaissance mutuelle de ces vérifications entre juridictions reste à structurer. La question de la gestion des droits de vote et des dividendes tokenisés à travers différentes infrastructures DLT constitue un autre chantier technique.

Réformes du régime pilote et accélération réglementaire

Les résultats positifs des essais BCE ont contribué à nourrir les propositions de réforme du régime pilote DLT annoncées par la Commission européenne en décembre 2025, dans le cadre du Paquet d’Intégration des Marchés de Capitaux. Les changements majeurs envisagés sont considérables : extension du champ à tous types d’instruments financiers, augmentation du seuil d’activité de 6 à 100 milliards EUR, suppression de la restriction limitant les actions tokenisées aux entreprises de moins de 500 millions EUR, exigences simplifiées pour les petits acteurs, suppression des limites temporelles sur les autorisations, et régime simplifié à deux niveaux avec un palier pour les petites plateformes jusqu’à 10 milliards EUR d’émissions.

Le processus législatif est prévu au moins jusqu’à fin 2026. Les entreprises européennes de tokenisation ont appelé les législateurs à accélérer, avertissant que « la liquidité mondiale n’attendra pas si l’Europe reste contrainte » face à la concurrence américaine. Cette pression concurrentielle est d’autant plus forte que l’adoption institutionnelle des titres numériques aux États-Unis progresse rapidement.

Perspective internationale et marché mondial

À l’échelle mondiale, les essais de la BCE s’inscrivent dans une tendance générale de numérisation des infrastructures de marché. Le marché global de la tokenisation a atteint 3,32 milliards USD en 2024 et devrait croître à 12,83 milliards USD d’ici 2032. Les prévisions les plus optimistes anticipent un marché des actions tokenisées de 2 000 milliards USD dans les cinq prochaines années. Les 75 STO lancés en 2024 au niveau mondial témoignent d’une accélération continue de l’adoption.

L’Amérique du Nord domine le marché des STO avec 42 % des parts de marché, devant l’Europe à 34 %. Les émissions cumulées de security tokens ont dépassé 10 milliards USD à mi-2025. Pour les investisseurs cherchant à comprendre ces dynamiques, notre guide d’investissement en actions tokenisées détaille les étapes pratiques pour accéder à ce marché.

Conclusion et perspectives

Les essais de la BCE constituent un jalon fondamental dans la construction de l’infrastructure financière européenne de demain. En validant le règlement DLT à l’échelle institutionnelle, la banque centrale envoie un signal sans ambiguïté : la blockchain n’est plus une expérimentation marginale mais un composant viable de l’infrastructure de marché. Pour les PME françaises cherchant un financement alternatif, les investisseurs souhaitant accéder aux actions tokenisées, et les plateformes construisant les marchés secondaires de demain, cette validation technique ouvre la voie à une adoption significativement plus large.

Sources : Banque de France, AMF, données collectées le 20 mars 2026.

Implications pour les dépositaires centraux de titres

Les résultats des essais BCE ont des répercussions directes sur l’avenir des dépositaires centraux de titres (CSD) en Europe. Euronext Securities, dont le lancement est prévu en septembre 2026, opérera en France, Italie, Belgique et Pays-Bas pour les actions et ETF. La coexistence entre les systèmes de règlement traditionnels (TARGET2-Securities) et les plateformes DLT posera des questions d’interopérabilité que les essais BCE ont commencé à explorer. CACEIS, filiale du Crédit Agricole et actionnaire de LISE SA, développe des solutions de conservation hybrides combinant conservation traditionnelle et blockchain, anticipant une période de transition où les deux systèmes coexisteront avant une éventuelle convergence.

Le marché mondial des STO en perspective

Le marché mondial des Security Token Offerings (STO) a atteint 5,6 milliards USD en 2024, avec 75 émissions réalisées dans l’année. Les émissions cumulées de security tokens ont dépassé 10 milliards USD à mi-2025, et les prévisions tablent sur une croissance à 26,78 milliards USD d’ici 2033. Le TCAC est estimé à environ 19 % sur la période 2024-2033. L’Amérique du Nord domine avec 42 % des parts de marché, suivie par l’Europe à 34 %. L’adoption institutionnelle des titres numériques atteint 57 % au niveau mondial, portée par des acteurs comme BlackRock, Goldman Sachs et JPMorgan qui ont lancé des initiatives de tokenisation.

En Europe, les revenus de la tokenisation se sont élevés à 821,4 millions USD en 2024, avec un taux de croissance annuel composé projeté de 20,9 % entre 2025 et 2030. La Banque Centrale Européenne a contribué à la crédibilité du marché en traitant 1,59 milliard EUR en 200 transactions lors de ses essais de règlement DLT de gros en 2024. Le marché global de la tokenisation, incluant obligations et immobilier en plus des actions, a atteint 3,32 milliards USD en 2024 avec une projection à 12,83 milliards USD en 2032. Les prévisions les plus optimistes anticipent un marché des actions tokenisées de 2 000 milliards USD dans les cinq prochaines années.

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