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DAC 8 : Nouvelle Ère de Transparence Fiscale pour les Crypto-Actifs

Brief — DAC 8 : Nouvelle Ère de Transparence Fiscale pour les Crypto-Actifs

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DAC 8 : La Directive de Transparence Fiscale pour les Crypto-Actifs

La Directive DAC 8 (Directive 2023/2226 du Conseil européen), transposée en droit français par la loi de finances 2025 et applicable à compter du 1er janvier 2026, impose aux prestataires de services sur actifs numériques de déclarer aux autorités fiscales les transactions en crypto-actifs effectuées par leurs utilisateurs. Cette obligation de transparence représente un tournant pour l’écosystème des actions tokenisées et des equity tokens en France.

Contexte et objectifs de la directive

DAC 8 s’inscrit dans une série de directives de coopération administrative (DAC) adoptées par l’Union européenne depuis 2011 pour lutter contre l’évasion fiscale et améliorer l’échange automatique d’informations entre États membres. Après DAC 1 à DAC 7, qui couvraient les revenus financiers, les comptes bancaires et les plateformes numériques, DAC 8 étend spécifiquement le champ de la déclaration obligatoire aux transactions en crypto-actifs.

L’objectif principal est la transparence fiscale dans un secteur où les transactions peuvent être pseudonymes et transfrontalières. Avec l’essor du marché mondial des STO (5,6 milliards USD en 2024, prévision de 26,78 milliards USD en 2033) et les 75 STO lancés en 2024, les autorités fiscales ont besoin d’outils de suivi adaptés aux nouvelles réalités du marché des titres numériques.

Obligations déclaratives en détail

Sous DAC 8, les prestataires de services sur actifs numériques (PSAN en France, CASP dans la terminologie européenne) doivent déclarer automatiquement aux autorités fiscales nationales : l’identité de chaque utilisateur (nom, adresse, numéro fiscal, date de naissance), le volume et la valeur des transactions en crypto-actifs réalisées, les gains et pertes réalisés, et les soldes de portefeuille en fin de période.

Ces informations sont ensuite échangées automatiquement entre les administrations fiscales des États membres de l’UE, permettant un suivi transfrontalier des opérations. Pour les actions tokenisées qualifiées d’instruments financiers au sens de MiFID II, cette déclaration s’ajoute aux obligations existantes de reporting fiscal des intermédiaires financiers.

Impact sur la fiscalité des actions tokenisées

En France, le régime fiscal des actions tokenisées dépend de leur qualification juridique. Si le token qualifie d’instrument financier, les plus-values sont soumises au PFU de 30 % (31,4 % à compter de 2026, suite à la hausse des prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 %). Si le token qualifie d’actif numérique, le même PFU s’applique, mais avec des règles spécifiques : les échanges crypto-à-crypto ne sont pas imposables, un seuil d’exonération annuel de 305 EUR existe, et les moins-values ne sont pas reportables sur les années suivantes.

DAC 8 vient renforcer la capacité des autorités fiscales à vérifier la bonne déclaration de ces opérations. Les plateformes comme Blockpulse, LISE SA ou Securitize Europe devront transmettre les informations requises, créant une traçabilité complète des transactions en equity tokens.

Interaction avec MiCA et le régime pilote DLT

DAC 8 interagit avec d’autres réglementations européennes structurantes. Le règlement MiCA (Markets in Crypto-Assets), entré en application complète le 30 décembre 2024, exclut explicitement les security tokens de son champ d’application (article 2 : MiCA ne s’applique pas aux crypto-actifs qualifiés d’instruments financiers au sens de MiFID II). Plus de 40 licences CASP ont été délivrées dans les États membres depuis décembre 2024, en commençant par les Pays-Bas, Malte et l’Allemagne.

Le régime pilote DLT, qui encadre les plateformes de négociation et de règlement de titres tokenisés, crée un cadre complémentaire : les opérateurs autorisés comme LISE SA (DLT TSS, France), Securitize Europe (DLT TSS, Espagne) et 21X AG (Allemagne) seront soumis aux obligations DAC 8 en plus de leurs obligations réglementaires existantes sous MiFID II.

Conséquences pour les investisseurs

Pour les investisseurs en actions tokenisées, DAC 8 apporte une sécurité juridique accrue. La traçabilité automatique des transactions simplifie les obligations de déclaration fiscale, puisque les plateformes fourniront directement les informations aux administrations fiscales. Cependant, cette transparence impose aussi une rigueur accrue : toute transaction sera connue du fisc, rendant les erreurs de déclaration plus risquées.

L’option entre le PFU et le barème progressif de l’impôt sur le revenu reste disponible. Pour les faibles revenus (sous 11 509 EUR), le barème progressif peut être plus avantageux, avec un taux effectif potentiel de 17,2 % (prélèvements sociaux uniquement). Pour les investisseurs professionnels, les plus-values relèvent du régime des bénéfices non-commerciaux (BNC) avec un taux maximal pouvant atteindre 45 %.

La question de l’éligibilité des actions tokenisées au PEA (Plan d’Épargne en Actions) reste ouverte. Les critères d’éligibilité du PEA portent sur la nature de l’actif et non sur sa forme, mais aucune décision officielle n’a confirmé ou infirmé l’éligibilité des actions tokenisées. Si cette éligibilité était reconnue, les gains seraient exonérés d’impôt sur le revenu après 5 ans (hors prélèvements sociaux de 18,6 %).

Impact sur les plateformes et les émetteurs

Les plateformes de tokenisation françaises — Blockpulse, Tokeny Solutions, les plateformes de crowdfunding en equity tokens — devront adapter leurs systèmes d’information pour générer les déclarations requises par DAC 8. Paradoxalement, la blockchain facilite cette conformité : l’enregistrement immuable et horodaté de chaque transaction sur un registre distribué fournit une piste d’audit naturelle que les systèmes traditionnels peinent à égaler.

Pour les émetteurs d’actions tokenisées, en particulier les PME utilisant le DEEP pour tokeniser leurs titres, DAC 8 n’ajoute pas directement d’obligations — ce sont les plateformes intermédiaires qui portent la charge déclarative. Néanmoins, la transparence accrue des flux de capitaux liés aux dividendes tokenisés et aux cessions d’actions pourrait influencer les décisions de structuration fiscale des émetteurs.

Comparaison avec les obligations existantes

DAC 8 ne crée pas un régime fiscal nouveau pour les actions tokenisées mais renforce les mécanismes de reporting. Les obligations existantes incluent déjà la déclaration des plus-values de cession de valeurs mobilières, la déclaration des dividendes perçus, et le reporting des comptes détenus à l’étranger. DAC 8 ajoute une couche de déclaration automatique par les prestataires, réduisant la dépendance à l’auto-déclaration des contribuables.

Pour les détenteurs de BSPCE tokenisés, la fiscalité reste inchangée : aucune imposition à l’émission, taxation au PFU à la cession. La loi de finances 2025 a toutefois modifié le traitement des gains apportés à une holding. Pour les AGA, la contribution patronale de 30 % et l’imposition au barème progressif du gain d’acquisition s’appliquent indépendamment de la forme tokenisée ou traditionnelle des actions.

Perspectives européennes

Avec plus de 40 licences CASP délivrées sous MiCA et trois opérateurs autorisés sous le régime pilote DLT, l’infrastructure réglementaire européenne pour les actifs numériques se consolide rapidement. DAC 8 apporte la brique fiscale manquante de cet édifice. Les réformes proposées du régime pilote — augmentation du seuil de 6 à 100 milliards EUR, suppression de la limite de 500 millions EUR de capitalisation — élargiront le champ des transactions soumises aux obligations DAC 8.

Pour l’écosystème français de la tokenisation, DAC 8 représente à la fois un défi opérationnel et une opportunité. Le défi est l’adaptation des systèmes de reporting. L’opportunité est la crédibilité accrue auprès des investisseurs institutionnels et particuliers qui exigent un cadre fiscal clair et prévisible avant d’investir dans les actions tokenisées.

Sources : Legifrance, AMF, données collectées le 20 mars 2026.

Processus de mise en conformité pour les plateformes françaises

La mise en conformité DAC 8 requiert des investissements significatifs en infrastructure informatique pour les plateformes de tokenisation. Les systèmes doivent être capables de générer automatiquement les déclarations requises au format standardisé européen, d’assurer la collecte et la vérification des données d’identification des utilisateurs (conformément à la 5e directive anti-blanchiment), et de calculer les gains et pertes réalisés en tenant compte des méthodes d’évaluation autorisées.

Pour les plateformes comme Blockpulse qui opèrent sur blockchain, la traçabilité native des transactions constitue un avantage compétitif. Chaque opération — émission de BSPCE, exercice de bons, cession de tokens — est horodatée et enregistrée de manière immuable, fournissant la piste d’audit complète requise par DAC 8. Le marché mondial des STO, avec ses 75 émissions en 2024 et une prévision de croissance à 26,78 milliards USD d’ici 2033, nécessitera une infrastructure de reporting fiscal robuste que DAC 8 contribue à structurer.

Le marché mondial des STO en perspective

Le marché mondial des Security Token Offerings (STO) a atteint 5,6 milliards USD en 2024, avec 75 émissions réalisées dans l’année. Les émissions cumulées de security tokens ont dépassé 10 milliards USD à mi-2025, et les prévisions tablent sur une croissance à 26,78 milliards USD d’ici 2033. Le TCAC est estimé à environ 19 % sur la période 2024-2033. L’Amérique du Nord domine avec 42 % des parts de marché, suivie par l’Europe à 34 %. L’adoption institutionnelle des titres numériques atteint 57 % au niveau mondial, portée par des acteurs comme BlackRock, Goldman Sachs et JPMorgan qui ont lancé des initiatives de tokenisation.

En Europe, les revenus de la tokenisation se sont élevés à 821,4 millions USD en 2024, avec un taux de croissance annuel composé projeté de 20,9 % entre 2025 et 2030. La Banque Centrale Européenne a contribué à la crédibilité du marché en traitant 1,59 milliard EUR en 200 transactions lors de ses essais de règlement DLT de gros en 2024. Le marché global de la tokenisation, incluant obligations et immobilier en plus des actions, a atteint 3,32 milliards USD en 2024 avec une projection à 12,83 milliards USD en 2032. Les prévisions les plus optimistes anticipent un marché des actions tokenisées de 2 000 milliards USD dans les cinq prochaines années.

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