Bpifrance
Profil de Bpifrance — banque publique d'investissement française, 20 milliards EUR de crédit en 2024, actionnaire de LISE SA et soutien aux PME.
Bpifrance : le pilier public du financement des PME et de l’innovation
Bpifrance, la banque publique d’investissement française, couvre tous les segments du financement des PME : crédit, garanties, fonds propres, innovation et accompagnement.
Activité 2024
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Crédit accordé | 20 milliards EUR (record hors Covid) |
| Croissance crédits | +4,5 % |
| Entreprises financées | 15 000 (+15 %) |
| Fonds de fonds depuis 2020 | 7,5 milliards EUR dans 650 fonds |
| Effet de levier | 31 milliards EUR |
| Dry powder 2024 | 30 milliards EUR |
| Porteurs projets accompagnés | 162 500 |
Bpifrance Entreprises
Fonds pour investisseurs non professionnels : 250 millions EUR collectés, ticket d’entrée réduit à 500 EUR (÷10 en 4 ans), accès à 1 200 entreprises non cotées.
Rôle dans la tokenisation
Bpifrance est actionnaire de LISE SA, la première bourse d’actions tokenisée en Europe. La Garantie Verte (mars 2024) a soutenu 1 000 PME. Le programme France 2030 a financé 5 500 entreprises innovantes.
Liens internes
- Financement PME tokenisé
- Capital-risque tokenisé
- LISE SA
- Tableau de bord financement PME
- Capital-risque en France
- Comment tokeniser actions PME
Impact sur le financement des PME françaises
La France compte 3,4 millions de PME représentant 99 % des entreprises et plus des deux tiers de l’emploi. Le déficit de financement reste un défi structurel : une PME sur quatre échoue par manque de financement à court terme selon la Commission européenne, et 56 000 micro-entreprises et PME ont fait faillite entre janvier 2022 et janvier 2023 (+31 %). Le rapport OCDE 2025 confirme un environnement restrictif avec un glissement vers des financements de moindre envergure et à court terme.
Bpifrance a accordé un record de 20 milliards EUR de crédit en 2024 (+4,5 %), finançant 15 000 entreprises (+15 %). Le crédit bancaire reste accessible — 98 % des PME obtiennent leur prêt d’investissement au T3 2025 selon la Banque de France — mais le coût du crédit pour les PME s’établit à 3,51 % en décembre 2025. Les PME françaises bénéficient d’un accès comparativement meilleur : 72 % reçoivent le crédit intégral demandé (H1 2024), contre 66 % en moyenne dans la zone euro.
Le financement alternatif français a atteint 22,35 milliards USD en 2025, avec une prévision de croissance à 38,25 milliards USD d’ici 2029 (TCAC 14,4 %). Le crowdfunding, qui a atteint un record de 1,02 milliard EUR en 2022, et l’émergence des plateformes tokenisées (Tantiem, Slice, Lemox, CrowdX) offrent des voies complémentaires au crédit bancaire. Près de 1 500 PME sont déjà cotées sur les marchés Euronext, et LISE SA cible ce segment avec des coûts d’introduction réduits.
Capital-risque et private equity en France
Le marché français du capital-risque, troisième plus grand hub startup en Europe, représente 3,2 milliards USD en 2025. Les levées de startups ont atteint 7,1 milliards EUR en 2024 (723 opérations), portées par l’IA avec des méga-rounds comme Mistral AI (600 millions EUR en série B et 385 millions EUR en série A). Le Q1 2025 a vu un recul de 39 % à 1,2 milliard USD, marquant l’absence de méga-rounds.
Le private equity français a crû de 400 % entre 2000 et 2024. Le marché atteint 135 milliards EUR d’actifs sous gestion en 2025, avec des investissements de 26 milliards EUR en 2024 (+16 %). Le segment LBO domine à 17,1 milliards EUR (+20 %). Les sorties ont atteint 11,9 milliards EUR (+57 %). 43 % des investissements dépassent 100 millions EUR.
Bpifrance joue un rôle central avec 7,5 milliards EUR investis en fonds de fonds depuis 2020, mobilisant 650 fonds partenaires et générant un levier de 31 milliards EUR. Le capital disponible (dry powder) a doublé en 5 ans pour atteindre 30 milliards EUR. Les programmes Large Venture, Initiative Tibi et Fonds Souveraineté structurent l’écosystème.
Crowdfunding et financement participatif en France
Le marché français du crowdfunding a atteint un record de 1,02 milliard EUR en 2022 (+62 %). L’écosystème compte 156 plateformes dont 58 en equity crowdfunding et 4 plateformes tokenisées (Tantiem, Slice, Lemox, CrowdX, We Take Part). La France est premier pays de l’UE pour le crowdfunding en 2023 avec 30 prestataires agréés (ECSP). Le H1 2024 a connu un ralentissement à 830 millions EUR, l’immobilier représentant 55 % des flux.
Le Règlement ECSP (European Crowdfunding Service Providers) harmonise le cadre européen avec un passeport unique. L’AMF délivre les licences CSP en France. Les plateformes tokenisées combinent les avantages du crowdfunding (accès démocratisé, tickets réduits) avec ceux de la blockchain (transparence, automatisation des droits via smart contracts, liquidité potentielle sur marché secondaire). La convergence entre crowdfunding equity et STO représente une évolution naturelle du marché.
Le marché mondial des STO en perspective
Le marché mondial des Security Token Offerings (STO) a atteint 5,6 milliards USD en 2024, avec 75 émissions réalisées dans l’année. Les émissions cumulées de security tokens ont dépassé 10 milliards USD à mi-2025, et les prévisions tablent sur une croissance à 26,78 milliards USD d’ici 2033. Le TCAC est estimé à environ 19 % sur la période 2024-2033. L’Amérique du Nord domine avec 42 % des parts de marché, suivie par l’Europe à 34 %. L’adoption institutionnelle des titres numériques atteint 57 % au niveau mondial, portée par des acteurs comme BlackRock, Goldman Sachs et JPMorgan qui ont lancé des initiatives de tokenisation.
En Europe, les revenus de la tokenisation se sont élevés à 821,4 millions USD en 2024, avec un taux de croissance annuel composé projeté de 20,9 % entre 2025 et 2030. La Banque Centrale Européenne a contribué à la crédibilité du marché en traitant 1,59 milliard EUR en 200 transactions lors de ses essais de règlement DLT de gros en 2024. Le marché global de la tokenisation, incluant obligations et immobilier en plus des actions, a atteint 3,32 milliards USD en 2024 avec une projection à 12,83 milliards USD en 2032. Les prévisions les plus optimistes anticipent un marché des actions tokenisées de 2 000 milliards USD dans les cinq prochaines années.
Cadre réglementaire : le régime pilote DLT
Le régime pilote DLT de l’Union européenne, entré en vigueur le 23 mars 2023 sous le Règlement (UE) 2022/858, constitue le cadre réglementaire expérimental pour la négociation et le règlement de titres tokenisés. Trois types d’infrastructures sont autorisés : les DLT MTF (Systèmes Multilatéraux de Négociation), les DLT SS (Systèmes de Règlement) et les DLT TSS (Systèmes de Trading et Règlement combinés).
Trois opérateurs majeurs ont obtenu leur autorisation. LISE SA (France) a reçu sa licence DLT TSS en octobre 2025, développée en collaboration avec la Banque de France, l’ESMA, l’AMF et la BCE, ciblant les PME et ETI françaises valorisées en dessous de 500 millions EUR. Securitize Europe (Espagne) a été autorisée en novembre 2025, premier TSS du régime pilote construit sur un réseau public crypto-natif (Avalanche). 21X AG (Allemagne) prépare l’admission d’actions et obligations tokenisées.
Les réformes proposées par la Commission européenne en décembre 2025, dans le Paquet d’Intégration des Marchés de Capitaux, envisagent des changements majeurs : extension du champ à tous types d’instruments financiers, augmentation du seuil d’activité de 6 milliards EUR à 100 milliards EUR, suppression de la restriction limitant les actions tokenisées aux entreprises de moins de 500 millions EUR, et mise en place d’un régime simplifié à deux niveaux pour les petites plateformes jusqu’à 10 milliards EUR d’émissions. Le processus législatif est prévu au moins jusqu’à fin 2026.
Actionnariat salarié et tokenisation en France
L’actionnariat salarié français est un écosystème de 230 milliards EUR d’encours d’épargne salariale (fin 2025, +15 %), bénéficiant à près de 13 millions de salariés. Le PEE concentre 166 milliards EUR dont 70 milliards en fonds d’actionnariat salarié. Les BSPCE représentent 67 % des plans d’intéressement en startup (90 % des entreprises French Tech disposent d’un plan), et 4 % du capital du CAC 40 est détenu par les salariés.
La France est championne européenne de l’actionnariat salarié coté avec 31 % de salariés actionnaires (EFES). Les investissements ont atteint 4,71 milliards EUR en 2024 (+5,4 %), avec un taux de souscription record de 53 %. La loi de partage de la valeur de 2023 a relevé le plafond d’AGA de 10 % à 15 % du capital, et depuis janvier 2025, les entreprises de 11 à 49 salariés doivent mettre en place un dispositif de partage de la valeur.
Blockpulse propose des BSPCE 100 % digitaux sur blockchain via le cadre juridique du DEEP. Equify couvre RSU, Stock Options, BSPCE et Tokens. La tokenisation simplifie le suivi de l’actionnariat salarié, automatise les droits via smart contracts et offre une liquidité accrue sur les marchés secondaires numériques.
Cadre fiscal des actions tokenisées en France
Le régime fiscal des actions tokenisées dépend de leur qualification juridique. Si le token qualifie d’instrument financier au sens de MiFID II, les plus-values sont soumises au PFU (Prélèvement Forfaitaire Unique) de 30 % jusqu’en 2025, porté à 31,4 % à compter du 1er janvier 2026 suite à la hausse des prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 % (PLFSS 2026 adopté le 16 décembre 2025). L’option pour le barème progressif de l’IR reste possible et peut être avantageuse pour les faibles revenus.
Les dividendes suivent le même régime : PFU 30 % ou barème progressif avec abattement de 40 %. Pour les investisseurs professionnels, le régime des BNC s’applique avec un taux maximal pouvant atteindre 45 %. L’éligibilité au PEA (plafond 150 000 EUR, exonération d’IR après 5 ans) reste une question ouverte — les critères portent sur la nature de l’actif et non sur sa forme.
La directive DAC 8, transposée par la loi de finances 2025 et applicable au 1er janvier 2026, impose aux prestataires de déclarer automatiquement aux autorités fiscales les transactions en crypto-actifs de leurs utilisateurs. Les BSPCE bénéficient d’un régime favorable : aucune charge à l’émission, PFU 30 % à la cession. Les AGA supportent une contribution patronale de 30 % et une imposition au barème progressif pouvant atteindre 65 % du gain global.