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Comment Déclarer les Tokens Equity

Guide fiscal pour déclarer les revenus et plus-values d'actions tokenisées en France — PFU, barème, formulaires et précautions.

Comment déclarer les tokens equity : guide fiscal complet

La déclaration des revenus et plus-values d’actions tokenisées en France dépend de la qualification juridique du token. Ce guide détaille les deux scénarios possibles, les formulaires à remplir, les taux applicables et les stratégies d’optimisation pour les investisseurs particuliers et professionnels. Le cadre fiscal évolue en 2026 avec la hausse des prélèvements sociaux et l’entrée en vigueur de la directive DAC 8.

Étape préalable : qualifier le token

La qualification juridique du token détermine l’intégralité du régime fiscal applicable. L’AMF distingue deux catégories principales pour les tokens représentant des droits sur une entreprise.

QualificationCadre applicableFormulairesReport de moins-values
Instrument financier (MiFID II)Régime des valeurs mobilières2042 + 2042C + annexe 2074Oui (10 ans)
Actif numériqueRégime des actifs numériques2042C + 2086Non

Pour les actions tokenisées émises sur LISE SA ou via Blockpulse sous le DEEP, la qualification d’instrument financier est la plus probable. Le principe de neutralité technologique posé par l’AMF confirme que la forme de l’actif (token vs inscription en compte) ne modifie pas sa nature juridique. En cas de doute, une consultation avec un conseil fiscal est recommandée avant la première cession.

Scénario 1 : le token qualifie d’instrument financier

C’est le cas le plus fréquent pour les actions tokenisées de sociétés françaises cotées sur un marché DLT réglementé ou émises via le DEEP. Le régime des valeurs mobilières s’applique intégralement.

Plus-values de cession. Le PFU (Prélèvement Forfaitaire Unique) s’applique à chaque cession génératrice de plus-value. Le taux est de 30 % jusqu’au 31 décembre 2025 (12,8 % IR + 17,2 % PS), porté à 31,4 % à compter du 1er janvier 2026 (12,8 % IR + 18,6 % PS) suite à la hausse des prélèvements sociaux (PLFSS 2026 adopté le 16 décembre 2025).

La plus-value est calculée comme la différence entre le prix de cession et le prix d’acquisition (ou le prix d’exercice dans le cas de BSPCE). Les frais d’acquisition et de cession (frais de plateforme, gas fees blockchain) sont déductibles du calcul. La date d’acquisition est celle de l’inscription sur le registre distribué.

Dividendes et distributions. Les dividendes versés sur actions tokenisées sont soumis au PFU de 31,4 % en 2026. L’option pour le barème progressif de l’IR avec abattement de 40 % reste possible et peut être avantageuse pour les contribuables imposés dans les tranches basses. Les dividendes distribués automatiquement par smart contract sont imposables à la date de mise à disposition, soit la date de la transaction blockchain.

Report des moins-values. Les moins-values de cession d’instruments financiers sont reportables sur les plus-values de même nature pendant 10 ans. C’est un avantage significatif par rapport au régime des actifs numériques. Le report s’effectue via le formulaire 2074 (déclaration des plus-values de cession de valeurs mobilières).

Scénario 2 : le token qualifie d’actif numérique

Ce scénario est moins probable pour les actions tokenisées de sociétés françaises, mais pourrait s’appliquer à certains utility tokens ou tokens hybrides non qualifiés d’instruments financiers par l’AMF.

Plus-values de cession. Le PFU de 31,4 % en 2026 s’applique aux cessions imposables, c’est-à-dire les conversions d’actifs numériques en monnaie ayant cours légal (euros). Les échanges crypto-à-crypto ne constituent pas des événements imposables. Le seuil d’exonération annuel est de 305 EUR de cessions totales.

Moins-values. Contrairement au régime des valeurs mobilières, les moins-values sur actifs numériques ne sont PAS reportables sur les années suivantes. Elles ne peuvent être imputées que sur les plus-values d’actifs numériques de la même année. Cette limitation rend le régime des actifs numériques moins favorable pour les investisseurs actifs.

Formulaire 2086. La déclaration s’effectue via le formulaire 2086 (déclaration des plus-values de cession d’actifs numériques), distinct du formulaire 2074 utilisé pour les valeurs mobilières.

Option barème progressif : quand est-ce avantageux ?

Le contribuable peut opter pour le barème progressif de l’IR en lieu du PFU de 12,8 %. Cette option est globale : elle s’applique à l’ensemble des revenus de capitaux mobiliers et plus-values de l’année.

Tranches 2026 (estimées) : 0 % jusqu’à 11 509 EUR, 11 % de 11 509 à 29 321 EUR, 30 % de 29 321 à 83 088 EUR, 41 % de 83 088 à 180 648 EUR, 45 % au-delà. Les prélèvements sociaux de 18,6 % s’ajoutent dans tous les cas.

Calcul comparatif. Un contribuable non imposable (revenu sous 11 509 EUR) paie uniquement 18,6 % de PS au barème, contre 31,4 % au PFU. L’économie est de 12,8 points. Un contribuable dans la tranche à 11 % supporte un taux effectif de 29,6 % (11 % + 18,6 %), légèrement inférieur au PFU de 31,4 %. Au-delà de la tranche à 30 %, le PFU est toujours plus avantageux.

Pour les dividendes, l’abattement de 40 % au barème peut rendre l’option attractive jusqu’à des revenus plus élevés. Sur un dividende de 10 000 EUR, seuls 6 000 EUR sont imposés au barème.

Directive DAC 8 : déclaration automatique dès 2026

La directive DAC 8 (Directive on Administrative Cooperation), transposée par la loi de finances 2025, entre en vigueur le 1er janvier 2026. Elle impose aux prestataires de services sur actifs numériques (PSAN/CASP) de déclarer automatiquement aux autorités fiscales les transactions en crypto-actifs de leurs utilisateurs.

Les informations transmises incluent : identité du contribuable, montant et date de chaque transaction, nature de l’opération (achat, vente, échange), gains ou pertes réalisés. Les plateformes DLT comme LISE SA et les plateformes d’actionnariat comme Blockpulse et Equify devront se conformer à cette obligation.

Pour l’investisseur, DAC 8 implique une transparence totale vis-à-vis de l’administration fiscale. Les oublis de déclaration, intentionnels ou non, seront détectés automatiquement par croisement des données. La conformité spontanée devient impérative.

Cas spécifiques des BSPCE et AGA tokenisés

BSPCE tokenisés. Le régime fiscal est identique aux BSPCE traditionnels : aucune charge à l’émission ni à l’attribution, aucune imposition à l’exercice. Le PFU s’applique uniquement à la cession des actions issues de l’exercice. Si le salarié est dans l’entreprise depuis plus de 3 ans, le gain de cession est imposé au PFU de 31,4 %. Si moins de 3 ans, le taux passe à 47,2 % (30 % IR + 18,6 % PS, loi de finances 2025 selon les conditions). La tokenisation via le DEEP ne modifie pas ces taux.

AGA (Actions Gratuites Attribuées). Régime moins favorable : contribution patronale de 30 % à la charge de l’employeur. Le gain d’acquisition (différence entre la valeur à l’attribution et le prix de cession) est imposé au barème progressif de l’IR pouvant atteindre 65 % du gain global (45 % tranche marginale + 18,6 % PS + contribution exceptionnelle sur les hauts revenus). La loi de partage de la valeur de 2023 a relevé le plafond d’AGA de 10 % à 15 % du capital.

Éligibilité PEA et actions tokenisées

L’éligibilité au PEA des actions tokenisées n’est pas confirmée. Le PEA (plafond 150 000 EUR) offre une exonération d’IR après 5 ans (seuls les PS de 18,6 % s’appliquent). Le PEA PME-ETI (plafond 225 000 EUR) est dédié aux PME européennes. Si les actions tokenisées de sociétés françaises cotées sur LISE SA étaient éligibles, l’économie serait de 12,8 points de pourcentage sur chaque plus-value et dividende.

En attendant la clarification de l’AMF ou de la DGFiP, les actions tokenisées doivent être détenues sur un compte-titres ordinaire (CTO), soumis au PFU de 31,4 % sans possibilité d’exonération d’IR.

Formulaires et calendrier de déclaration

Déclaration annuelle (avril-juin). Les plus-values et dividendes de l’année N sont déclarés en N+1. Le formulaire 2042 (déclaration générale) est complété par le 2042C (revenus complémentaires) et le 2074 (plus-values de cession de valeurs mobilières) ou le 2086 (plus-values d’actifs numériques).

Comptes à l’étranger. Si les tokens sont détenus sur une plateforme basée hors de France, le formulaire 3916-bis (déclaration de comptes d’actifs numériques ouverts, détenus, utilisés ou clos à l’étranger) est obligatoire. L’amende pour non-déclaration s’élève à 750 EUR par compte non déclaré, portée à 1 500 EUR si la valeur dépasse 50 000 EUR.

Acompte. Le PFU est prélevé à la source par les intermédiaires financiers résidents. Pour les plateformes étrangères, l’investisseur doit verser un acompte de 12,8 % sur les revenus de capitaux mobiliers lors de la déclaration.

Stratégies d’optimisation fiscale

Stratégie mixte PEA + CTO tokenisé. Combiner un PEA classique garni d’actions traditionnelles éligibles (Euronext) avec un CTO contenant des actions tokenisées via LISE SA. Cette approche maximise l’avantage fiscal du PEA tout en accédant à l’innovation de la tokenisation.

Report de moins-values. Réaliser les moins-values la même année que les plus-values pour imputation immédiate. Utiliser le report sur 10 ans pour les années sans plus-value suffisante. Ce mécanisme n’est disponible qu’en CTO pour les instruments financiers.

Donation avant cession. La donation d’actions tokenisées à un descendant (abattement de 100 000 EUR par parent par enfant, renouvelable tous les 15 ans) purge la plus-value latente. Le donataire peut céder immédiatement sans plus-value imposable. Cette stratégie fonctionne si le token est qualifié d’instrument financier. La traçabilité blockchain simplifie la preuve de la date et du prix d’acquisition pour l’administration fiscale.

Marché et contexte : données clés

Le marché mondial des STO a atteint 5,6 milliards USD en 2024 avec 75 émissions, prévision de 26,78 milliards USD en 2033. L’adoption institutionnelle atteint 57 %. En Europe, les revenus de tokenisation ont atteint 821,4 millions USD en 2024. La BCE a traité 1,59 milliard EUR en 200 transactions lors des essais DLT de gros. Ces volumes croissants impliquent un nombre croissant de contribuables français devant déclarer des revenus issus de tokens equity.

Le régime pilote DLT encadre LISE SA (France), Securitize Europe (Espagne) et 21X AG (Allemagne). Les réformes de décembre 2025 prévoient un seuil d’activité de 100 milliards EUR, supprimant la limite de 500 millions EUR. L’investissement d’Euronext de 5 millions EUR dans Tokeny Solutions (23,5 %) et le lancement d’Euronext Securities en septembre 2026 accélèrent l’adoption. Le financement alternatif français atteint 22,35 milliards USD en 2025. Près de 1 500 PME sont cotées sur Euronext, et les 3,43 millions de PME françaises constituent un vivier d’émetteurs potentiels.

Erreurs fréquentes à éviter

Confusion entre qualification instrument financier et actif numérique. L’erreur la plus courante est de déclarer des actions tokenisées comme des crypto-actifs sur le formulaire 2086. Les actions tokenisées de sociétés françaises qualifient d’instruments financiers et doivent être déclarées sur les formulaires 2042C et 2074.

Oubli de la déclaration de comptes étrangers. Si les tokens sont détenus sur une plateforme basée hors de France, le formulaire 3916-bis est obligatoire. L’amende peut atteindre 1 500 EUR par compte non déclaré.

Non-imputation des frais. Les frais de plateforme et gas fees blockchain sont déductibles du calcul de la plus-value. Les conserver comme justificatifs est essentiel.

Option barème non optimisée. L’option pour le barème progressif est globale et annuelle. Il est prudent de simuler les deux options avant de cocher la case correspondante, car le choix est irrévocable pour l’année en question.

L’actionnariat salarié tokenisé et la déclaration fiscale

L’actionnariat salarié français, écosystème de 230 milliards EUR d’encours bénéficiant à 13 millions de salariés, génère des obligations déclaratives spécifiques pour les tokens equity. Les 67 % de plans d’intéressement en startup reposant sur des BSPCE et les AGA tokenisées via Blockpulse ou Equify nécessitent une attention particulière lors de la déclaration. Le taux de souscription record de 53 % en 2024 et l’obligation depuis janvier 2025 pour les entreprises de 11 à 49 salariés de mettre en place un dispositif de partage de la valeur augmentent le nombre de contribuables concernés par ces déclarations.

Conclusion

La déclaration fiscale des tokens equity en France repose sur une question préalable fondamentale : la qualification juridique du token. Pour les actions tokenisées de sociétés françaises émises sous le DEEP ou cotées sur LISE SA, le régime des instruments financiers s’applique avec le PFU de 31,4 % en 2026 et le report de moins-values sur 10 ans. La directive DAC 8 rend la transparence automatique dès 2026. Un conseil fiscal professionnel est recommandé pour optimiser entre PFU et barème progressif, anticiper l’évolution du cadre réglementaire et naviguer les spécificités de chaque type de token.


Guides connexes : comment investir en actions tokenisées, dividendes sur tokens, PEA et actions tokenisées, PEA vs compte-titres, BSPCE vs BSPCE tokenisé.

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